mercredi 11 novembre 2015

Sexe et pognon, un des derniers tabous ?


Couvrez ce sein que je ne saurais voir. La tartuferie a encore de beaux jours devant elle !

Aborder le sujet du sexe et de l'argent met toujours mal à l'aise et provoque souvent des réactions de dégoût. Pour se donner bonne conscience, on invoque la dignité humaine en proclamant haut et fort que le corps humain n'est pas à vendre.


Pourtant, l'industrie du sexe ne s'est jamais aussi bien portée. Mais là, on ne se pose pas trop de questions, sans doute parce qu'on n'a pas de contact direct avec les acteurs qui posent pour les photos et vidéos qu'on prend plaisir à regarder. Et puis, on ne paie pas grand chose, ou même rien, et on voit à peine les publicités qui nous sont imposées pour alimenter financièrement cette juteuse entreprise.
Peu nous chaut d'ailleurs que ces acteurs professionnels ou occasionnels soient mal rémunérés et prennent peut-être des risques pour que nous puissions nous branler sur leurs images.


Par contre, quand il s'agit de payer pour une partie de jambes en l'air ou une simple pipe avec un paumé qui cherche à nouer les deux bouts ou avec un jeune qui veut se faire un peu d'argent de poche, on crie au scandale, on sort les grands principes, on gémit sur la traite des êtres humains et on invoque les droits humains dont on se fout pourtant comme de sa première branlette quand il s'agit de domaines moins sexuels et plus économiques.


Si l'inceste entre personnes adultes et consentantes n'est actuellement pas un délit en France, "l'achat d'actes sexuels" devrait le devenir bientôt. L'Assemblée nationale a déjà voté à deux reprises une proposition de loi de "lutte contre le système prostitutionnel" qui pénalise les clients des prostitués d'une amende de 1.500 €.

Bloquée à deux reprises par le Sénat, la proposition de loi doit à présent être examinée par une commission mixte composée de 7 députés et 7 sénateurs. En cas de désaccord au sein de cette commission, c'est l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Autant dire que ce n'est qu'une question de mois avant que la loi soit définitivement adoptée.


Croire que cette loi ferait progresser les droits humains en France est certainement une grande illusion. Voici ce qu'en disait Patrick Pharo, directeur de recherche au CNRS, dans une tribune de Libération il y a deux ans :
La situation de la Suède qui pénalise les clients de la prostitution depuis 1999, si souvent montrée en exemple, a fait l’objet d’un diagnostic accablant de la part de la Commission mondiale sur le VIH et le droit, organisation affiliée aux Nations unies : «Depuis son application en 1999, la loi n’a pas amélioré les conditions de vie des travailleurs du sexe, mais au contraire les a empirées. Selon la police, le commerce sexuel dans la rue a diminué de moitié en Suède mais, globalement, il reste au niveau qu’il était avant la promulgation de la loi et est devenu, en grande partie, clandestin. Il s’est déplacé dans les hôtels et les restaurants, ainsi que sur Internet et au Danemark. Selon les services suédois de police judiciaire, il est devenu plus violent.» (Rapport publié en juillet 2012).

En janvier 2012, le Figaro nous révélait que, d'après le premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle, entre 40 et 42 millions de personnes se prostituaient dans le monde, et 75 % d'entre elles avaient entre 13 et 25 ans.

Par ailleurs, l'Organisation Internationale du Travail reconnaît que plus de 200 millions d'enfants entre 5 et 17 ans travaillent dans le monde et que le nombre d’enfants effectuant un travail dangereux – la majeure partie des pires formes de travail des enfants – est estimé à 126 millions. C'est 5 fois plus! Mais, ces travaux ne sont pas sexuels, Donc, c'est sans doute une exploitation humaine plus morale. Et puis, dans quel monde vivrait-on s'il fallait pénaliser ceux qui achètent les vêtements, chaussures, jouets, portables et autres ballons de foot produits par ces enfants ?

Que dire des travailleurs sur-exploités dans nos pays, auxquels on impose des cadences infernales, dont on rabote les salaires et qui n'osent plus rien dire de peur de perdre leur travail, mais qui seront malgré tout jetés comme de vulgaires capotes usagées quand les patrons estimeront qu'ils ne leur rapportent plus suffisamment ? De ces travailleurs qui sont usés avant d'avoir atteint l'âge de la retraite, que par ailleurs on recule, et dont les indemnités de sécurité sociale auxquelles ils peuvent prétendre se réduisent ?

Je terminerai en ce 11 novembre par évoquer tous ces hommes envoyés au front pour servir de "chair à canon" pour ne recevoir en échange qu'une médaille ou leur nom gravé sur un monument. Je ne pense pas que leur corps ait été mieux considéré que celui d'une petite pute à 10 € la pipe. Reconnaissons-le, tant qu'à se faire transpercer, autant que ce soit le fion par une vigoureuse bite que la poitrine par un obus.


Je ne vois vraiment pas en quoi il est plus dégradant de louer son corps pour quelques plaisirs sexuels que de le louer comme "outil de production" au service d'une économie devenue bien peu respectueuse des droits sociaux ?

C'est bien sûr un point de vue tout à fait personnel, qui n'engage que moi et que je n'impose à personne. Chacun peut en penser ce qu'il veut, lever les yeux au ciel ou crier au scandale si ça lui chante.

Je vous invite simplement à y réfléchir sans préjugé et sans ornière en ce beau jour férié qui vous laisse un peu de temps libre. Si vous avez de bons arguments pour me contredire, je suis disposé à les entendre.


Comprenez bien que je plaide ici pour le sexe librement consenti et non pour celui qui est imposé par les proxénètes sans scrupule.

Comprenez aussi que je parle de sexe et non de sentiments qui eux, à ce que je crois savoir, ne s'achètent pas.


Et vous, que pensez-vous de tout cela ?












Bonne journée à tous !

10 commentaires:

  1. au debut, j'ai eu des relations sexuelles avec des prostitués, très agréables, très polis, très bons et je ne regrette rien, de ce que j'ai fait. Bien sûr, maintenant, Après avoir découvert mon club de sexe, j'ai mon plaisir là.
    donc je pense rien du mal.

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    1. Bonjour Xersex,

      Merci pour ta participation au débat et ton petit témoignage. Tout comme toi je vais dans des club où il faut payer pour entrer et faire des rencontres tranquilles sans avoir peur de se faire agresser comme dans certains lieux publics.
      Je n'ai jamais payé pour baiser avec quelqu'un et je ne me suis jamais fait payer pour le faire non plus mais je dois bien reconnaître que des mecs m'ont déjà fait des cadeaux parce que j'avais baisé avec eux donc c'est un peu comme s'ils m'avaient payé sauf que je n'avais rien demandé :)

      Bonne journée - Bisous.

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  2. Fichtre, tes photos ont du mal à nous inciter à la chasteté conjugale et si la photo N° 1 venait me proposer des "happy hours" avec tarif réduit de 30%, si le jeune barbu blond du N° 9 me propose un tarif de lancement pour une pipe "new look", le petit bru plus ou moins maghrébin du N°13 me propose un stage d'approfondissement en tarif promotionnel, je suis prêt à faire chauffer ma carte bleue.
    Plus sérieusement, l'interdit de la prostitution avait tout son sens dans une société traditionnelle marquée par la morale traditionnelle. Il y constituait, toutefois, une forme de soupape de sûreté et nos anciens avaient la sagesse de savoir tolérer, ici ou là, ce qu’iIs réprouvaient de manière générale et officielle. Certes, cela ne facilitait pas la vie de Mmes les filles de joie, mais c’est ainsi.
    Cela fait partie des nombreuses contradictions de notre société qui se veut moderne et rationnelle, et cela fera rire (ou pleurer ?) nos descendants, que les courants de pensée ou groupes de pression qui luttent pour que la sexualité soit complètement libre soient les mêmes qui critiquent le plus la prostitution.
    Si baiser doit être considéré comme un acte aussi banal que boire une bière et doit être aussi libre et décomplexé, pourquoi imposer qu’il reste gratuit dans une société de consommation ? N’est-ce pas une offense à la notion de performance que d’imposer, par l’absence de rétribution, de développer les compétences ? Pourquoi diable sommes-nous passés, dans le sport, de l’amateurisme au professionnalisme?
    Plusieurs arguments sont avancés : cela favorise la débauche et les gens se lâchent avec les pouffes, ce qui est vrai sans doute. La prostitution favorise les mauvais penchants. Oui, mais sans plus ! Qu’en est-il des relations de travail avec l’autoritarisme des chefs ou d’autres PB ? il faut alors faire comme à l’est de chez nous : « ce que l’on ne peut éviter, il faut le vouloir », c’est-à-dire autoriser ET réglementer la profession pour limiter / encadre les abus.
    Autre reproche : « c’est un moyen d ‘oppression des hommes sur les femmes ». J’y répondrai :
    1. C’est la Nature qui est ainsi et moi, cela me va bien ;
    2. En fait, c’est plutôt une vulnérabilité des hommes, puisqu’ils acceptent de donner aux femmes des sommes conséquentes pour des savoir-faire qui restent simples. Je propose donc de faire des académies de sexe, avec passage de BAC, BTS, licences etc. pour que les prestataires soient payées au juste prix ;
    3. On peut aussi dire que cette inégalité est scandaleuse et que la parité doit être rétablie en luttant énergiquement pour le développement de la proposition masculine. Comme il en est pour les élections municipales, je trouverai juste que les clients des putes soient obligés de niquer autant de meufs que de mecs, avec contrôle par la police des mœurs, non mais !
    4. Naturellement, cela engendrera un grand besoin de formation de la jeunesse (comme tu le dis justement, c’est plus un job de minet / minette que de barbe blanche). En citoyens désireux de faire aux défis de notre époque, mon frère et moi sommes volontaires pour un engagement résolu dans une formation accélérée de notre belle jeunesse. Nous donnerons de notre corps autant qu’il faudra !
    Enfin, pour ce qui de la loi bidon à l’étude, cela fait partie des serpents de mer de la morale publique depuis Melchisedec, histoire d’amuser la galerie. Une loi sociétale de plus pour masquer l’incapacité de s’attaquer aux vrais PB. Cela va « emmerder les Français » quelques temps, comme disait feu le président Pompidou, et puis pschitt.

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    1. Bonsoir Charles.

      Tu dis "ce que l'on ne peut éviter, il faut le vouloir, c'est-à-dire l'autoriser et réglementer. Je suis bien d'accord avec toi. C'est comme pour la prohibition de l'alcool aux USA au siècle dernier, elle n'empêchait pas le trafic de l'alcool. Ce qui est interdit ne cesse pas d'exister mais devient clandestin et ne peut plus être contrôlé. Ca laisse donc la porte ouverte à tous les abus, exploitation des plus faibles et porte ouverte au grand banditisme qui s'empare des filières.
      Il faut légaliser et réglementer la profession pour que les professionnels puissent profiter de conditions de travail décentes et d'une bonne couverture sociale, ce qui n'empêchera de toute façon pas les amateurs occasionnels de travailler au black comme dans les autres boulots.

      Bonne soirée - Bisous.

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  3. "Il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de sottes gens". La prostitution est un métier beaucoup moins facile qu'on ne le croit, et qui de plus ne dispose d'aucune couverture sociale. J'ai beaucoup de respect pour ceux (et celles) qui l'exercent sérieusement. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu besoin de faire appel à ces travailleurs sociaux mais je ne vois aucune raison de sanctionner ceux qui recourent à leurs services.
    Plutôt que de s'attaquer aux clients des travailleurs du sexe, le gouvernement ferait mieux de lutter efficacement contre les réseaux organisés qui exploitent la misère humaine, les mêmes bandits qu'on retrouve dans les trafics de drogue, d'armes, ... Il pourrait aussi s'attaquer à la paupérisation croissante de la population qui pousse certaines personnes vers la prostitution pour arrondir les fins de mois.
    Néanmoins, si je peux comprendre que certains paient ou se font payer pour une relation sexuelle, ce n'est pas mon choix personnel. Une partie de sexe doit être avant tout une partie de plaisir spontané et sans arrière-pensée ; je ne pourrais pas m'amuser si j'ai en tête que mon partenaire simule son plaisir et a hâte d'en finir pour passer au client suivant.

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    1. N'oublions pas, mon cher Kalinours, que le gouvernement qui est derrière cette proposition de loi, c'est la gauche caviar, celle-là même qui fermait les yeux sur les débordements de DSK et voulait en faire le président de la France. Ce sera de nouveau une politique à deux vitesses, la répression pour les petites gens fréquentant les prostitué(e)s des trottoirs et la liberté pour ceux qui auront les moyens de se payer des escortes de haute gamme.

      Bonne nuit - Gros bisous.

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    1. Young boys are the ones that appeal most to men who have the money to pay them :)
      This is the theme of the note.

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  5. Je dirais simplement, pour moi chacun est libre de faire de son corps ce qu'il veut !!!
    L'amour contre de l'argent est vieux comme le monde et ce ne sont pas les lois qui changeront quelque chose !!!
    Les deux chose a combattre cependant la prostitution des mineurs et les proxénètes et les réseaux organisés
    Ce "métier" doit est être effectué en toute liberté
    Merci pour cet intéressant sujet de réflexion bel ami
    Bise et à bientôt!

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    1. Je constate avec plaisir que nous sommes bien du même avis.

      Bisous et bonne fin de journée.

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